lundi 6 février 2012
dimanche 10 avril 2011
Triche, mais réussis!
“In America, it’s OK to cheat as long as you cheat your way to the top!”
Eric Cartmenez In: South Park, Season 12, Episode 05
Il n’y a rien de honteux à tricher. Tout le monde triche. Les cyclistes trichent. Les footballers trichent. Les écrivains trichent. Les politiciens trichent. Et même les scientifiques (qui donnent pourtant la rigueur pour gage de leur sérieux), les scientifiques, autant que les autres, trichent. Je sais que cette vérité fait mal. Elle fait mal car elle vient contredire le sens moral commun, celui qui nous est inculqué mômes. Et pourtant... il est vrai, tricher est chose admise, consensuelle, un fait de la société, une pratique acceptée (encouragée parfois!). D’ailleurs, qui n’a jamais admiré la triche, quand on a triché avec art ! Nous rêvons tous de notre main de Dieu, de nos sept maillots jaunes au tour de France, de nos cinq papiers publiés la même année dans Science... Bref, de ce moment de gloire où l’art de tricher nous ferait passer à la postérité.
Permettez-moi de rappeler quelques anecdotes amusantes : Le dernier prix Goncourt a été “entaché” par un minable plagiat de Wikipédia. Et pourtant, personne n’y trouvât rien à dire. Un pauvre hère, qui s’est cru en droit de diffuser le livre sur internet du fait de la viralité des droits de Wikipédia, s’est même vu menacé de poursuites en justice par Flammarion, et il retira la copie électronique du livre qu’il diffusait sur son site web. Tout aussi récemment, puisque les faits datent d’à peine deux mois, le célèbre journaliste français Patrick Poivre d’Arvor (PPDA pour les intimes) était pris la main dans le sac: de nombreux extraits de sa biographie sur Hemingway étaient banalement recopiés du livre de Peter Griffin. Mais tout le monde fit vite de s’en tamponner publiquement, puisque le journaliste biographe fut reçu sur maints plateaux de télévision avec les hommages et les salamalecs qui se doivent à une personne de ce rang. En effet, personne n’ose mettre au ban un journaliste vedette, fût-il récidiviste (cf. la fausse interview de Castro par PPDA).
PPDA : fausse interview de Fidel Castro sur TF1 par ricar_mm
Aux lecteurs qui craignent l’ombre de l’opprobre que l’on porterait sur eux s’ils venaient à tricher, je rappellerai l’exemple de Bernard-Henri Levy (BHL) qui officie aujourd’hui à toutes les tribunes alors qu’il avait démarré sa carrière en se faisant prendre comme un vulgaire voleur de sacs à main. En 1979, l’éminent historien Pierre Vidal-Naquet l’épinglait majestueusement alors que BHL répandait dans un livre prétendument philosophique des bêtises que l’historien qualifia de consternante ignorance (comme de situer le péché originel au 7e jour de la création, ou de citer la déposition de Himmler au procès de Nuremberg, quand bien même Himmler s’était suicidé avant). Mais BHL n’en a eu cure et prit même le soin de répondre aux accusations avec une morgue exemplaire. L’histoire lui donna raison du reste puisqu’il vient d’être promu (de façon non officielle) ministre des affaires étrangères alors que Pierre Vidal-Naquet est mort et enterré. Oui, il est payant de construire sa gloire future sur la fraude et les fausses lectures (cf. affaire Botul).
D’ailleurs, j’enjoins ici tous les jeunes scientifiques à recopier sans vergogne et sans les citer les auteurs dont ils voudraient s’inspirer. Je prends pour cela exemple sur Jacques Attali qui ne s’est jamais gêné pour ce faire (et qui a pourtant brillamment réussi), à telle enseigne que le président Mitterrand avait pour lui ce bon mot que Jacques avait “le guillemet facile” (autrement dit, et par ellipse polie, l’absence de guillemet facile). Il convient de rappeler que se faire prendre n’est pas grave. Ce n’est pas une fatalité. Voyez d’ailleurs comment Alain Minc s’en est bien sorti, lui qui, bien que condamné par la justice à verser 15 000 euros en 2001 pour plagiat, a tout de même réussi à être président du conseil de surveillance (!) du plus grand journal français (Le Monde) puis conseiller non officiel (lui aussi!) du président Sarkozy...
Mais revenons à nos moutons. Car je le devine bien, ces affaires par trop franco-françaises n’inspirent pas grand-chose, sinon du mépris, aux âmes fines et férues d’histoire des sciences qui lisent Le Recherché. Malheureusement, les histoires en sciences, de par leurs enjeux, de par leur portée, sont pires... Je laisserai aux soins du lecteur de s’arracher à ses dernières illusions en allant se renseigner sur l’affaire des affabulations de Jan Hendrik Schön. J’ai encore trop de cœur pour m’adonner à de tels extrémismes. Par contre, je conterai avec délectation l’histoire de Rosalind Elsie Franklin, tant elle est pleine d’enseignement et d’ironie.
En 1953, James Watson et Francis Crick publient dans Nature un papier où ils présentent la structure à double hélice de l’ADN. Ce travail leur vaudra le prix Nobel de médecine en 1962. Or il est avéré que ce travail a non seulement été rendu possible par les recherches de Rosalind Franklin (qui ne fut jamais citée, cela va sans dire), mais il est surtout le résultat d’un vol pur et simple. En effet, c’est grâce au cliché 51, obtenu par diffraction aux rayons X par Franklin, que les derniers doutes portant sur la structure à double hélice de l’ADN ont pu être levés. Ce cliché a été usurpé à Rosalind à son insu par ses collègues à Cambridge. Et comme si le recel ne suffisait pas au tort qu’on lui fit, le sort a voulu que cette malheureuse mourût d’un cancer des ovaires en 1958, soit quatre ans avant le Nobel de ses confrères. Voyez l’ironie ! Non seulement le bénéfice de son travail est volé à une femme du fait du machisme du milieu scientifique, mais en plus elle meurt prématurément d’un cancer typiquement féminin provoqué par les expériences en laboratoires auxquelles elle se prêtait... Ainsi, une seule conclusion pour qui veut percer: pour réussir, il faut tricher!
Avertissement conclusif: Attention second degré. Si les quelques faits historiques qui sont relatés ici sont vrais, il faut comprendre que le trait est volontairement exagéré et le ton décalé pour de pures raisons stylistiques. Il n’est en aucun cas de mes intentions d’encourager la triche, de lui trouver des justifications pragmatiques ou quelque assertion contraire à la morale qui ferait de moi un malotru, un nihiliste, un dégénéré, voire même un sale. Mon seul objectif en écrivant ce texte est modeste : faire un peu d’argent en tentant de gagner celui du concours de l’AÉCSP dont les coffres n’en peuvent visiblement plus de contenir les cotisations des étudiants.
En bonus pour Kaka-Kiri, la séquence d'Eric Carmenez
mardi 16 mars 2010
Les sondages
Les élections régionales m'inspirent une petite pensée. Si Marine Lepen a eu raison de rester sourde à "l'égo démesuré" des sondeurs durant les élections régionales en France, elle ne doit pas donner cher du procédé médiatique qui consiste aujourd'hui à se trouver des excuses en jouant la carte de l'absention, un procédé que les anglos appellent rationalisation.

Je cite Le Monde:
Et c'est là que le bât blesse. Si depuis des années, le biais fort des sondages est le taux d'abstention, pourquoi ne voyons-nous jamais de sondage prédisant l'absention.
J'imagine d'ici les titres: UMP 20%, PS 25%, Abstention 55%. Comme disait Coluche, votez blanc.
Je cite Le Monde:
Le FN est le talon d'Achille du sondeur, sa terreur depuis le séisme politique du 21 avril 2002. Difficile à débusquer, particulièrement dans un contexte de forte abstention qui accroît la variabilité potentielle des réponses aux enquêtes.
Et c'est là que le bât blesse. Si depuis des années, le biais fort des sondages est le taux d'abstention, pourquoi ne voyons-nous jamais de sondage prédisant l'absention.
J'imagine d'ici les titres: UMP 20%, PS 25%, Abstention 55%. Comme disait Coluche, votez blanc.
vendredi 5 février 2010
L'interdit de penser
Pratiquer les mathématiques en dilettante, en amateur ou en professionnel est un exercice intellectuel de haute voltige. La preuve y est souvent ardue, acrobatique mais sublime. Sublime car elles sont sûres d'elles-mêmes, les mathétiques. Comme ces chats que l'on peut jeter dans les airs et qui retombent sur leurs pattes. Elles savent y faire d'ailleurs, les maths: partant d'un raisonnement aberrant (absurde qu'elles disent), elles parviennent toujours au vrai, sans jamais faillir. Leur monde est cohérent.

Le monde des hommes n'est pas aussi unanime. La contradiction lui est consubstantielle. Il y est souvent difficile de séparer le vrai du faux. Certaines réalités semblent mêmes ingénues, pouvant passer tout autant pour le vrai que pour le faux. Il serait néanmoins absurde (justement) que de refuser de gratter le vernis de la réalité, que d'interdire à son intelligence de modeler le monde et d'essayer de le comprendre.
Le concensus médiatique français se jette précisément dans ce cul-de-sac. Il (se) refuse la pensée. Il (s')interdit certaines idées. En vérité, il récuse l'hypothèse. J'en reste constamment médusé. Les moyens employés à cette fin me dégoûtent, surtout l'assassinat médiatique qui se pratique aujourd'hui avec une totale désinvolture (voir l'affaire Siné-Val par exemple).
Lorsque Bigard ou Kassovitz émirent des doutes sur le 11 septembre, à tort ou à raison, comment expliquer le mouvement de masse de l'armada journalistique qui a sorti son flingue? Les journalistes français ne craignent d'ailleurs pas le ridicule, allant jusqu'à qualifier de négationniste un homme dont une grande partie de la famille a péri dans les camps. Il est à ce propos intéressant d'écouter l'intéressé sur le sujet. Présent chez Picoli pour parler du documentaire Apocalypse, il revient ici sur son intervention chez Taddei et l'accusation de négationnisme qui s'en est suivie (min. 5:15):
11 Septembre 2001: itw de Kassovitz sur Fr5 chez Picouly
Taddeï aussi a soupé. Lui qui a offert au paysage audiovisuel un véritable espace de débat, permettant aux invités de s'exprimer, animant les discussions tout en refusant d'en être le centre, il est malheureusement tombé aux mains du caporalisme intellectuel français, obligé qu'il fut d'abjurer, de décliner sa pensée, alors que l'essence de son éthique professionnelle est de laisser parler les invités sans qu'on ait à souffrir son grain de sel. Les choses ne pouvant s'arrêter là, le voilà qui subit derechef (à la télé de ses débuts en prime!) un lynchage médiatique qui déshonore un peu plus la France.
Taddei seul contre tous
La France semble justement terrifiée de se tromper, elle s'interdit de se tromper. C'est précisément en cela qu'elle se trompe. On a droit à l'erreur. Si il y a bien une vertu à tirer des mathématiques, c'est que l'aberration d'une pensée, si aberration il y a, va forcément en contradiction avec la réalité. C'est en cela que l'erreur est le meilleur vecteur pour atteindre le réel. En se trompant, on comprend.
Le monde des hommes n'est pas aussi unanime. La contradiction lui est consubstantielle. Il y est souvent difficile de séparer le vrai du faux. Certaines réalités semblent mêmes ingénues, pouvant passer tout autant pour le vrai que pour le faux. Il serait néanmoins absurde (justement) que de refuser de gratter le vernis de la réalité, que d'interdire à son intelligence de modeler le monde et d'essayer de le comprendre.
Le concensus médiatique français se jette précisément dans ce cul-de-sac. Il (se) refuse la pensée. Il (s')interdit certaines idées. En vérité, il récuse l'hypothèse. J'en reste constamment médusé. Les moyens employés à cette fin me dégoûtent, surtout l'assassinat médiatique qui se pratique aujourd'hui avec une totale désinvolture (voir l'affaire Siné-Val par exemple).
Lorsque Bigard ou Kassovitz émirent des doutes sur le 11 septembre, à tort ou à raison, comment expliquer le mouvement de masse de l'armada journalistique qui a sorti son flingue? Les journalistes français ne craignent d'ailleurs pas le ridicule, allant jusqu'à qualifier de négationniste un homme dont une grande partie de la famille a péri dans les camps. Il est à ce propos intéressant d'écouter l'intéressé sur le sujet. Présent chez Picoli pour parler du documentaire Apocalypse, il revient ici sur son intervention chez Taddei et l'accusation de négationnisme qui s'en est suivie (min. 5:15):
11 Septembre 2001: itw de Kassovitz sur Fr5 chez Picouly
Taddeï aussi a soupé. Lui qui a offert au paysage audiovisuel un véritable espace de débat, permettant aux invités de s'exprimer, animant les discussions tout en refusant d'en être le centre, il est malheureusement tombé aux mains du caporalisme intellectuel français, obligé qu'il fut d'abjurer, de décliner sa pensée, alors que l'essence de son éthique professionnelle est de laisser parler les invités sans qu'on ait à souffrir son grain de sel. Les choses ne pouvant s'arrêter là, le voilà qui subit derechef (à la télé de ses débuts en prime!) un lynchage médiatique qui déshonore un peu plus la France.
Taddei seul contre tous
La France semble justement terrifiée de se tromper, elle s'interdit de se tromper. C'est précisément en cela qu'elle se trompe. On a droit à l'erreur. Si il y a bien une vertu à tirer des mathématiques, c'est que l'aberration d'une pensée, si aberration il y a, va forcément en contradiction avec la réalité. C'est en cela que l'erreur est le meilleur vecteur pour atteindre le réel. En se trompant, on comprend.
jeudi 4 février 2010
Caboche Sympatoche 3 : George Galloway
Chiotte mec, meeerde! Fallait y revenir à cette satanée série des caboches sympatoches.
Du lourd aujourd'hui avec l'inénarrable George Galloway, qui s'est dernièrement distingué en titillant (d'une main gantée bien sûr) les sphincters vaseux de l'actuel gouvernement égyptien.
Ancien député New Labour (sous les ordres du Blaireau), il finit, par ses positions radicales, de s'isoler du parti. Tellement, qu'il se résout à fonder son propre mouvement en 2005, dont il est le seul député à siéger à la chambre.
Galloway aime beaucoup faire le pitre. Surtout, il ne sait pas choisir ses combats. Il peut aussi faire les deux, lorsqu'il s'oppose à la guerre en Irak par exemple.
En 2006, il soutient le Hezbollah pendant la guerre du Liban. Enfin, l'impardonnable, il organise en 2009 un premier, puis un deuxième convoi humanitaire qui part des États-Unis vers Gaza, en passant par le Maghreb. C'est ce dernier convoi qui sera bloqué pendant plusieurs jours en Egypte, à la frontière avec Rafah, que Galloway quittera persona non grata mais victorieux.
C'est qu'il a la tête dure, le corniaud. Et c'est pas faute de l'avoir averti: George, c'est pas comme ça que tu vas te mériter une place au dîner annuel du CRIF!
Du lourd aujourd'hui avec l'inénarrable George Galloway, qui s'est dernièrement distingué en titillant (d'une main gantée bien sûr) les sphincters vaseux de l'actuel gouvernement égyptien.
Ancien député New Labour (sous les ordres du Blaireau), il finit, par ses positions radicales, de s'isoler du parti. Tellement, qu'il se résout à fonder son propre mouvement en 2005, dont il est le seul député à siéger à la chambre.
Galloway aime beaucoup faire le pitre. Surtout, il ne sait pas choisir ses combats. Il peut aussi faire les deux, lorsqu'il s'oppose à la guerre en Irak par exemple.
En 2006, il soutient le Hezbollah pendant la guerre du Liban. Enfin, l'impardonnable, il organise en 2009 un premier, puis un deuxième convoi humanitaire qui part des États-Unis vers Gaza, en passant par le Maghreb. C'est ce dernier convoi qui sera bloqué pendant plusieurs jours en Egypte, à la frontière avec Rafah, que Galloway quittera persona non grata mais victorieux.
C'est qu'il a la tête dure, le corniaud. Et c'est pas faute de l'avoir averti: George, c'est pas comme ça que tu vas te mériter une place au dîner annuel du CRIF!
vendredi 29 janvier 2010
Allez chier chez Renaud-Bray
Qui n'a jamais eu une envie pressante alors qu'il profitait du frais et ne trouvait où poser sa pêche? Qui ne s'est jamais senti tenaillé au beau milieu de ses pérégrinations municipales sans savoir où aller se soulager?

L'idéal mondial des toilettes publiques.
Anonymes chieurs qui souffrez que la ville ne vous offre (comme c'est le cas en France et ailleurs) un lieu public pour démouler votre cake en paix, j'ai la solution idéal: allez chier chez Renaud-Bray.
En plein coeur de Côte-des-Neiges, à deux pas des boulangeries, épiceries et autres cafés, l'endroit idéal pour tartir en paix vous ouvre les bras. Les maîtres des lieux ont pensé à tout et mettent à votre disposition des rayons entiers de livres pour passer le temps durant votre défécation.

L'idéal montréalais des toilettes publiques.
Avis aux intéressés: bientôt sur Kaka-kiri un photo-reportage exceptionnel de Quintal allant chier chez Renaud-Bray.
L'idéal mondial des toilettes publiques.
Anonymes chieurs qui souffrez que la ville ne vous offre (comme c'est le cas en France et ailleurs) un lieu public pour démouler votre cake en paix, j'ai la solution idéal: allez chier chez Renaud-Bray.
En plein coeur de Côte-des-Neiges, à deux pas des boulangeries, épiceries et autres cafés, l'endroit idéal pour tartir en paix vous ouvre les bras. Les maîtres des lieux ont pensé à tout et mettent à votre disposition des rayons entiers de livres pour passer le temps durant votre défécation.
L'idéal montréalais des toilettes publiques.
Avis aux intéressés: bientôt sur Kaka-kiri un photo-reportage exceptionnel de Quintal allant chier chez Renaud-Bray.
mercredi 27 janvier 2010
mardi 26 janvier 2010
dimanche 24 janvier 2010
La pratique journalistique française
Il peut être intéressant de regarder comment la presse travaille. J'entends la presse écrite, celle qui écrit sur Internet et qui pense faire payer ses feuilles fânées aux lecteurs qui, je vous le parie, iront lire ailleurs.

L'information étalon est une bande audio récemment diffusée par Al Djazira et prétendument attribuée à Al-Quaida. Voici ce qu'en dit Le Monde:
Suivent quelques banalités retranscriptives puis les commentaires de David Axelrod, conseiller d'Obama, qui ne peut confirmer l'authenticité de l'enregistrement...
Voici ce qu'en dit le New York Times:
Et juste après:
On cite un peu plus loin Rohan Gunaratna, auteur d'un livre sur Al-Qaïda:
Les auteurs précisent ensuite:
Bref, c'est autrement plus touffu, autrement plus modéré et mieux articulé. Quelques points de comparaison importants.
Les titres:
Le Monde: Ben Laden revendique l'attentat manqué de Noël
Le NYT: Recording Attributed to bin Laden Claims Christmas Bombing Attempt
On voit tout de suite qui fait du journalisme et qui se complaît dans le racolage. Ce type de titres dévoyant la réalité est monnaie courante sur Le Monde.fr, plusieurs lecteurs s'en sont plaints dans des commentaires.
Regardons également les auteurs:
Le Monde: LEMONDE.FR avec AFP et Reuters
Le NYT: Associated Press. Writers Lara Jakes and Salah Nasrawi in Cairo and Ian Deitch in Jerusalem contributed to this report.
Je vous le demande: Quelle différence entre Le Monde.fr et le journal Métro? Aucune, les deux se contentent de rapporter les dépêches des agences de presse.
L'information étalon est une bande audio récemment diffusée par Al Djazira et prétendument attribuée à Al-Quaida. Voici ce qu'en dit Le Monde:
[...] Oussama Ben Laden a revendiqué dimanche l'attentat manqué sur le vol [...] reliant Amsterdam à Detroit.
Suivent quelques banalités retranscriptives puis les commentaires de David Axelrod, conseiller d'Obama, qui ne peut confirmer l'authenticité de l'enregistrement...
Voici ce qu'en dit le New York Times:
Osama bin Laden claimed responsibility for the attempt to bomb a Detroit-bound airliner on Christmas in a new audio message released Sunday threatening more attacks on the United States.
Et juste après:
A senior U.S. intelligence official in Washington said there is "no evidence whatsoever" that bin Laden had any involvement on the Christmas Day attack -- or even knew about it beforehand.
On cite un peu plus loin Rohan Gunaratna, auteur d'un livre sur Al-Qaïda:
Bin Laden's message, coming long after AQAP gave its own claim of responsibility, appears to be an effort on his part to stay relevant. [...] The training and the definition of the attack was by the local leaders of al-Qaida in the Arabian Peninsula, so in many ways you can say bin Laden is exploiting for his benefit this particular attack.
Les auteurs précisent ensuite:
Analysts have long debated how much control bin Laden, who is believed to be somewhere in Afghanistan-Pakistan border region, really has over the various organizations using his group's name. [...] There was no way to confirm the voice on the audio message was actually that of bin Laden, but it resembled previous recordings attributed to him.
Bref, c'est autrement plus touffu, autrement plus modéré et mieux articulé. Quelques points de comparaison importants.
Les titres:
Le Monde: Ben Laden revendique l'attentat manqué de Noël
Le NYT: Recording Attributed to bin Laden Claims Christmas Bombing Attempt
On voit tout de suite qui fait du journalisme et qui se complaît dans le racolage. Ce type de titres dévoyant la réalité est monnaie courante sur Le Monde.fr, plusieurs lecteurs s'en sont plaints dans des commentaires.
Regardons également les auteurs:
Le Monde: LEMONDE.FR avec AFP et Reuters
Le NYT: Associated Press. Writers Lara Jakes and Salah Nasrawi in Cairo and Ian Deitch in Jerusalem contributed to this report.
Je vous le demande: Quelle différence entre Le Monde.fr et le journal Métro? Aucune, les deux se contentent de rapporter les dépêches des agences de presse.
samedi 23 janvier 2010
Si j'étais Bill
Si j'étais Bill, j'irais baiser ailleurs. Je comprends que le brave gars ait bavé du côté de la si peu appétissante Monica

lui qui le soir allait retrouver bobonne et découvrait ça:

En flânant sur la très convenue Rue 89, c'est effectivement cette image effarante qui m'a sauté à la figure. Comme disait Berni, la vie est bien faite, elle donne une tête de con aux salauds pour qu'on puisse les reconnaître. Avec Hillarious Clinton, elle s'est pas gourrée, la vie.
lui qui le soir allait retrouver bobonne et découvrait ça:

En flânant sur la très convenue Rue 89, c'est effectivement cette image effarante qui m'a sauté à la figure. Comme disait Berni, la vie est bien faite, elle donne une tête de con aux salauds pour qu'on puisse les reconnaître. Avec Hillarious Clinton, elle s'est pas gourrée, la vie.
vendredi 22 janvier 2010
mardi 19 janvier 2010
vendredi 15 janvier 2010
jeudi 14 janvier 2010
2000-2010 : 10 films
Un top ten cinématographique pour la décennie qui vient de passer? Si je veux. Classement totalement subjectif, pas du tout pertinent, avec des oublis assumés au profit d'oeuvres qui n'ont pas eu la visibilité ou la reconnaissance méritée. Donc, pas de Kill Bill, de Dark Knight, de Departed, de Million Dollar Baby et j'en passe.
Quand même, un autre classement squatté par les amerloques. Au moins, on pourra pas me taxer d'antiaméricanisme.
Allez, on z'y va dans le désordre:
1- Spider (2002)
A History of Violence ou Eastern Promises ont connu un plus gros succès au box office mais Spider est bien plus déroutant scénaristiquement parlant, et bénéficie d'une magnifique mise en scène. Du tout bon Cronenberg.
2- The Very Black Show (2000)
Spike Lee en pleine forme dans cette satire implacable et brillante des médias showbizz amerloques et la place qu'y occupent les afro-américains. Quel talent à la caméra!
3- The Darjeeling Limited (2007)
Wes Anderson, mon petit chouchou, qui brode toujours autour du thème de la famille éclatée et du père absent. Rien que l'ouverture du film, avec Bill Murray courant désespérément après un train qu'il ratera (dépassé par Adrien Brody), vaut son gros pesant pelliculaire de film français.
4- Anything Else (2003)
Oubliez Match Point, Scoop ou Vicky Cristina Barcelona, le Allen de la décennie, c'est Anything Else! De la tendresse, du jazz, un soin maniaque du décors, une photo superbe, que demande le peuple? Une bande annonce qui mette réellement en valeur cette perle sous-estimée?
5- Manderlay (2005)
On tape dans le lourd avec ce chef d'oeuvre de Von Trier qui succède au non moins sublissime Dogville. Contrairement à Antichrist, rien ici pour choquer la bourgeoise (quoi que à bien y penser...), mais une reflexion très mal polie sur la démocratie, qui mettra sans doute nos bountys en boule. Attention, scénario brillantissime.
6- Femme Fatale (2002)
Un autre fou de la caméra et un maître de l'érotisme, De Palma au meilleur de sa forme.
7- Mullholland Drive (2001)
Est-il besoin de commenter celui-ci? «This is the girl», dirait Quintal.
8- I'm Not There (2007)
Biographie romancée de Dylan par Todd Haynes, c'est peut-être par la fiction que l'on se rapproche le plus de la vérité? Cate Blanchett remarquable, Richard Gere enfin regardable et on passera les formidables qualités plastiques et narratives de ce film.
9- Where the Truth Lies (2005)
Egoyan, petit malin! Toujours à traquer le mensonge le gus, avec dans ce film, une très belle «spéciale dédicace» à Jefferson Airplane. Plus érotique et mystérieux qu'Exotica? Ça se discute.
10 - The Prestige (2006)
Quand Nolan s'amuse à nous mystifier avec ses improbables et décapants scénars...Une rivalité mortelle entre deux magiciens parallèle à celle de Tesla et Edison. Et David Bowie, toujours pour nous surprendre.
Quand même, un autre classement squatté par les amerloques. Au moins, on pourra pas me taxer d'antiaméricanisme.
Allez, on z'y va dans le désordre:
1- Spider (2002)
A History of Violence ou Eastern Promises ont connu un plus gros succès au box office mais Spider est bien plus déroutant scénaristiquement parlant, et bénéficie d'une magnifique mise en scène. Du tout bon Cronenberg.
2- The Very Black Show (2000)
Spike Lee en pleine forme dans cette satire implacable et brillante des médias showbizz amerloques et la place qu'y occupent les afro-américains. Quel talent à la caméra!
3- The Darjeeling Limited (2007)
Wes Anderson, mon petit chouchou, qui brode toujours autour du thème de la famille éclatée et du père absent. Rien que l'ouverture du film, avec Bill Murray courant désespérément après un train qu'il ratera (dépassé par Adrien Brody), vaut son gros pesant pelliculaire de film français.
4- Anything Else (2003)
Oubliez Match Point, Scoop ou Vicky Cristina Barcelona, le Allen de la décennie, c'est Anything Else! De la tendresse, du jazz, un soin maniaque du décors, une photo superbe, que demande le peuple? Une bande annonce qui mette réellement en valeur cette perle sous-estimée?
5- Manderlay (2005)
On tape dans le lourd avec ce chef d'oeuvre de Von Trier qui succède au non moins sublissime Dogville. Contrairement à Antichrist, rien ici pour choquer la bourgeoise (quoi que à bien y penser...), mais une reflexion très mal polie sur la démocratie, qui mettra sans doute nos bountys en boule. Attention, scénario brillantissime.
6- Femme Fatale (2002)
Un autre fou de la caméra et un maître de l'érotisme, De Palma au meilleur de sa forme.
7- Mullholland Drive (2001)
Est-il besoin de commenter celui-ci? «This is the girl», dirait Quintal.
8- I'm Not There (2007)
Biographie romancée de Dylan par Todd Haynes, c'est peut-être par la fiction que l'on se rapproche le plus de la vérité? Cate Blanchett remarquable, Richard Gere enfin regardable et on passera les formidables qualités plastiques et narratives de ce film.
9- Where the Truth Lies (2005)
Egoyan, petit malin! Toujours à traquer le mensonge le gus, avec dans ce film, une très belle «spéciale dédicace» à Jefferson Airplane. Plus érotique et mystérieux qu'Exotica? Ça se discute.
10 - The Prestige (2006)
Quand Nolan s'amuse à nous mystifier avec ses improbables et décapants scénars...Une rivalité mortelle entre deux magiciens parallèle à celle de Tesla et Edison. Et David Bowie, toujours pour nous surprendre.
Chronique nécrologique
Ce janvier 2010 commence bizarrement. Il n'a pas deux semaines que la chronique nécrologique se cesse de s'allonger. Il y eut Lhasa, cette dame qui, par sa voix, l'ambiance de son univers et par ce qu'elle était, a à mon sens représenté ce que 2000-2010 aura été.
Il y eut aussi Mano Solo, fils du dessinateur Cabu, qui aura marqué par l'intensité de son combat contre la maladie. Lui aussi l'atmosphère. Lui aussi la voix. La vie c'est pas du gateau.
Et puis Rohmer. Lui et ses contes moraux. Partis. Une autre façon de vivre le cinéma. Un petit extrait exprimant de belle manière l'espérance mathématique.
Et puis Daniel Bensaïd qui nous changeait de tous ces philosophes médiatiques boursoufflés d'orgueil...
Alain Finkielkraut chez Taddeï - 1/5
envoyé par prince_de_conde. - Regardez les dernières vidéos d'actu.
Et quelques autres. Séguin. Rady. Et enfin Haïti, noyant dans le chaos d'un ultime tremblement toutes ces morts parcellaires d'un janvier nécrologique qu'on a hâte de voir finir.
Il y eut aussi Mano Solo, fils du dessinateur Cabu, qui aura marqué par l'intensité de son combat contre la maladie. Lui aussi l'atmosphère. Lui aussi la voix. La vie c'est pas du gateau.
Et puis Rohmer. Lui et ses contes moraux. Partis. Une autre façon de vivre le cinéma. Un petit extrait exprimant de belle manière l'espérance mathématique.
Et puis Daniel Bensaïd qui nous changeait de tous ces philosophes médiatiques boursoufflés d'orgueil...
Alain Finkielkraut chez Taddeï - 1/5
envoyé par prince_de_conde. - Regardez les dernières vidéos d'actu.
Et quelques autres. Séguin. Rady. Et enfin Haïti, noyant dans le chaos d'un ultime tremblement toutes ces morts parcellaires d'un janvier nécrologique qu'on a hâte de voir finir.
mercredi 13 janvier 2010
Palestine trahie
Il ne suffit pas au peuple palestinien de vivre quotidiennement les affres de l'humiliation, des expropriations, des spoliations, des checkpoints et occasionnellement des bombes au phosphore. Il ne suffit pas qu'un mur d'exclusion, grugeant outrageusement sur ses terres, soit érigé en toute impunité. Il ne suffit pas aux gazaouis de subir blocus terrestre et maritime sous le regard complice des champions de l'ingérence humanitaire.
Voilà que l'Egypte vient apporter sa pierre à l'édifice, ou plutôt son édifice tout court, en construisant un mur sur ses frontières avec la bande de Gaza (Palestine Trahie, la pièce de Kateb Yacine n'a jamais porté aussi bien son nom). Trente mètres de profondeur pour tirer la plogue sur le respirateur artificielle d'une population au bord de l'agonie.
Mais Moubarak a compris que pour obtenir le vote de Washington et Tel-Aviv, seules voix comptant aux élections egyptiennes, il fallait retrousser les manches, mélanger le ciment et y aller de son coup de truelle. Enfin, ce n'est qu'une image, le mur sera d'acier.
Voilà que l'Egypte vient apporter sa pierre à l'édifice, ou plutôt son édifice tout court, en construisant un mur sur ses frontières avec la bande de Gaza (Palestine Trahie, la pièce de Kateb Yacine n'a jamais porté aussi bien son nom). Trente mètres de profondeur pour tirer la plogue sur le respirateur artificielle d'une population au bord de l'agonie.
Mais Moubarak a compris que pour obtenir le vote de Washington et Tel-Aviv, seules voix comptant aux élections egyptiennes, il fallait retrousser les manches, mélanger le ciment et y aller de son coup de truelle. Enfin, ce n'est qu'une image, le mur sera d'acier.
samedi 9 janvier 2010
Obama, nègre blanc
Alors, le pronostique de Nabe entrain de se réaliser? (vous noterez la belle allusion faite à Billie Holiday, que l'inculte Giesbert n'a pas détectée). Je me souviens d'une soirée au National. J'accompagnais Quintal à un spectacle de Dieudonné, plus grand humoriste français de tous les temps, et nous avions eu la chance de croiser et d'échanger quelques mots avec le gus après sa performance. «Et puis, Obama?». Ce n'était pas le noir qui venait redorer le blason merdique de l'Amérique, mais pas loin. À l'époque...
Aujourd'hui ça l'est. Celui qui renfloue les banques maquerelles à coup de centaines de milliards, celui qui baratine à Copenhague, celui qui guerroie en Afghanistan, celui qui manigance les futures entourloupettes au Yemen. Obama, c'est le boxing day, forcément une arnaque. C'est juste un nouveau rouage, sauf qu'il arrive bien huilé, pour que tu le sentes bien profond mais sans douleur. Même que t'adores ça (normal, puisqu'il est n...). C'est comme un Clinton qui ne joue pas du saxo (et pourtant, il est n...) mais avec du changement. De la bouillie pour les cons bien-pensants, du pain béni pour les rednecks endurcis.

Les lignes de divisions n'ont pas changé d'un iota depuis les romans de Richard Wright. Cette fois, espérons vraiment que les bien-pensants vont payer, comme cette connasse de Miss Dalton dans Un Enfant du Pays. Avec Obama, on entend du génie dans le discours mais de la merde sanguinolante sur le terrain. C'est ce que nous chie l'Amérique depuis Kennedy, les saveurs changent, c'est tout. Et le meilleur est à venir.
Bien à vous Oncle Sam et Oncle Tom, d'ici aussi, on n'y voit que du feu.
Aujourd'hui ça l'est. Celui qui renfloue les banques maquerelles à coup de centaines de milliards, celui qui baratine à Copenhague, celui qui guerroie en Afghanistan, celui qui manigance les futures entourloupettes au Yemen. Obama, c'est le boxing day, forcément une arnaque. C'est juste un nouveau rouage, sauf qu'il arrive bien huilé, pour que tu le sentes bien profond mais sans douleur. Même que t'adores ça (normal, puisqu'il est n...). C'est comme un Clinton qui ne joue pas du saxo (et pourtant, il est n...) mais avec du changement. De la bouillie pour les cons bien-pensants, du pain béni pour les rednecks endurcis.
Les lignes de divisions n'ont pas changé d'un iota depuis les romans de Richard Wright. Cette fois, espérons vraiment que les bien-pensants vont payer, comme cette connasse de Miss Dalton dans Un Enfant du Pays. Avec Obama, on entend du génie dans le discours mais de la merde sanguinolante sur le terrain. C'est ce que nous chie l'Amérique depuis Kennedy, les saveurs changent, c'est tout. Et le meilleur est à venir.
Bien à vous Oncle Sam et Oncle Tom, d'ici aussi, on n'y voit que du feu.
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