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jeudi 23 octobre 2008

Dieudo le rigolo

Dieudo le rigolo, apôtre de la farce et du bon mot. C’est en ces termes que Dieudonné M’Bala M’Blala se présentait il y a quatre ans dans son spectacle Mes Excuses. C’était aussi la première fois que le public Québécois faisait sa connaissance. La France en ce temps le repoussait du pied tandis que le Québec ouvrait les bras au plus talentueux humoriste de notre génération.


Depuis 2004, il en a pris plein sa mouille le frère Dieudo. Pointé du doigt comme étant la pire ordure que la France ait connu depuis le gouvernement de Vichy, il a très vite été banni des plateaux télé. Certains présentateurs — dont on taira le nom — allaient jusqu’à mettre en scène leur désaffection à Dieudo, histoire que les bien-pensants les portent en bonne estime. Tout cela était vain. Tellement vain en vu du talent de l’homme que le public n’a jamais renié, dont les salles ne désemplissent pas, et dont la plume ne tarit pas.

Il l’a précieuse, la plume, Dieudo. Ciselée et pesée. Elle fait penser à celle qu’avait Michel Audiard, le célèbre dialoguiste des Tontons Flingueurs. Maniant l’argo français avec le doigté d’un orfèvre, Dieudo n’a eu cesse de nous épater par sa fécondité et sa précision. Le dernier né de ses cahiers a d’ailleurs fait grand bruit. J’ai fait le con, présenté cet été à Montréal, a fait salle comble à Paris. Mais comment fait Dieudo pour remplir ses salles alors que les médias lui tournent le dos et que les plateaux télé lui sont quasiment interdits ? En faisant parler les cons ! Dieudonné appelle son procédé l’altermarketing.

Un beau matin de dimanche, un athée convaincu dont le dernier né s’appelle Judas va faire baptiser sa fille Plume dans une église traditionnaliste. Le parrain, Jean-Marie Lepen, la bête
de la politique française. Le résultat ne se fait pas attendre. Tous les médias se mettent à cracher à l’unisson. À qui mieux mieux. Et en y allant de la pire mauvaise foi que l’on ait vu de mémoire de lecteur de journaux. Même le petit Martineau s’était joint au concert en trombinait de son instrument désaccordé sur un blog où ses lecteurs venaient lui rappeler qu’il n’était qu’un peigne-cul. Le spectacle en prenait tout son sens. J’ai fait le con. Oui. Et pas à peu près.

Au mois de novembre, Dieudo présente son spectacle à Montréal au Théâtre National. Nous lui avons demandé ce qu’il préparait de bon comme facéties pour son public québécois. Et il semble que nous ne serons pas déçus. Dieudo et Falardeau pourraient bien nous concocter un petit scandale de derrière les fagots. Le Polyscope se frotte déjà les mains et tient son cahier d’écolier et son stylo bic pour prendre des notes.

D’ici là, achetez vos billets et allez encourager le talent. Tant que la liberté de ton aura cette dimension, il y aura encore de l’espoir de vivre un peu heureux.

jeudi 9 octobre 2008

Mézonc' René et Raymond

Les élections fédérales qui s’en viennent passionnent peu. Les libéraux tentent de se faire une nouvelle virginité. Les conservateurs se donnent des airs populistes. Le NPD joue la carte du vedettariat. Le Bloc... Il fait quoi le Bloc, déjà ?
Voilà tout le hic avec ce non événement de l’année: tout le monde s’en fout. Que les conservateurs prennent le pouvoir à la majorité, ça change quoi ? Ça peut sembler triste, mais je crains de traduire simplement une lassitude générale.
Non? Y a pas dans l’air comme une lassitude générale ? Tout le monde autour de moi : « Je ne sais pas pour qui voter », « C’est bonnet blanc blanc bonnet », « Du Ketchup avec vos frites ? »....


Mézonc Roger et Raymond déguisés en maghrébins
pendant un safari dans la banlieue parisienne.


Alors pour mieux me rendre compte de l’état de la crise, mieux cerner l’étendu des dégâts, j’ai cru bon de m’adresser aux experts, aux vieux de la vieille, aux rapaces des enjeux de la politique fédérale, ceux qui en ont vu de toutes les couleurs, de toutes les époques et de tous les saints dieux...

Mézonc René et Raymond sont des ivrognes invétérés. Arc-boutés sur leurs tabourets trônant sur la rue Sicard dans le quartier de Hochelaga-Maisonneuve, les deux bougres lorgnent les jupes qui se raccourcissent d’année en année, sirotent une interminable Molson Export, la bière sans goût depuis 1903, et dissertent à n’en plus finir sur la littérature journalistique que publie quotidiennement le Journal de Mourial.

Je les ai trouvés après l’heure du dîner. Mononc René rotait son rôti de porc. Mononc Raymond roulait patiemment une crotte de nez qui prenait sous sa main experte la forme d’une sphère parfaite. Une brise vespérale allégeait l’air qu’un été trop capricieux avait rendu lourd.

Ils me saluèrent comme seuls eux savent faire, de cet air bonasse qui me fait dire que j’ai trouvé une seconde parenté en cette terre d’exil : « Salut toé. Il est où ton chameau ? » C’était le bon père Raymond qui parlait, et il le fit de cette voix de tondeuse à gazon que lui donna son chirurgien depuis qu’il le guérit d’un crâbe qui lui rongeait le larynx. « Elle est où ta Shéradaz des mille et une nuits ? », reprenait Mononc René de plus belle ; « Mille et une nuits de partouze », renchérit le bon père Raymond sur un vibrato sublime.

Je m’assis sur une des marches qui menait à leur appartement et décapsulai une petite frette pour leur tenir compagnie. « Ça va, mes vieux crisses », dis-je en préambule et avec l’intention de détendre l’atmosphère. Je le fis d’ailleurs sur un air de décontraction par lequel j’espérais témoigner mon assimilation parfaite. « Tu vas pas nous demander de t’accomoder raisonnablement, l’Arabe... », m’invectiva Mononc René dans une atmosphère d’exhalaisons de porc digéré et mariné à la bière. Décidément, les deux ivrognes me tenaient en respectueuse affection. Je corrigeai : « Non, mes osties, les sacraments de journalistes du Polyscope m’envoient faire un Vox Pop pour palper du poul de la populace. Rapport aux élections fédérales qui s’en viennent. Vous en pensez quoi, des élections, les vieux crisses ? » Mononc Raymond lâcha un rôt qui fit légion et s’exlama sur un ton on ne peut plus assuré : « On s’en sacre, caâlice ! »

Et je dois bien avouer que, suite à ces paroles sages et éclairées, il ne me reste plus rien à ajouter. À vous les studios. À vous Cognac G.

jeudi 31 juillet 2008

Signature d'un grand contrat

Le journal le plus satyrique de Montréal et le blog le plus bête et le plus méchant de la blogosphère viennent de signer un contrat de mutuelle entraide. D'un côté, Kaka-Kiri déversera son fiel sur les étudiants du campus de l'Université de Montréal; de l'autre, Le Polyscope viendra faire caca sur les fils d'Ariane du web. Longue vie aux deux et mort aux cons!